Communiqué  suite à l'émission pirate du 13 octobre 2018 de 11h30 à 13h30 

 

Sur les ondes de Radio Libertaire s'est tenue une émission le samedi 13 octobre 2018 de 11h30 à 13h30. Il s'agit d'une émission faite « de force » par des personnes soit qui avaient affirmé avoir quitté la radio, soit qui en ont été exclues (les raisons seront détaillées ci-dessous en plus du communiqué concernant ces émissions que vous retrouverez en ligne) 

 

Cette émission a clairement été faite pour porter le discrédit non seulement sur le bureau de Radio Libertaire mais aussi sur l'ensemble de la radio, un appel étant lancé « à ne plus écouter cette radio ». Nous ne reviendront pas ici sur les excès de langage employé par les personnes présentes mais sur les affirmations. 

 

Ainsi, les émissions Artracaille et Intifada auraient été arrêtées sans pouvoir parler et se défendre. Cette affirmation est fausse. Deux réunions en présence des animateurs de ces émissions se sont tenues pour tenter de comprendre comment ils avaient pu en arriver à publier un dessin antisémite et une illustration antisémite. Avant de continuer, nous reproduisons ici le dessin et l'illustration en question : 

 

Dessin effectué à la main par l'animateur de ArtRacaille et Intifada et publié sur leur blog.

 

Représenter des personnes vues comme juives avec une étoile jaune, une mèche hitlérienne et une moustache à la Hitler ne laisse aucun doute sur le caractère antisémite de l'illustration. 

Cette illustration issue du Parti Antisioniste de triste réputation et mémoire, ne fait là aussi aucun doute par l'association de toute personne supposée juive ou vue comme à un complot de suprématie au profit d'Israël, et donc d'un « agenda juif ». Cette rhétorique est connue et elle ne fait pas de doute sur les intentions. 

 

Si nous avions pu avoir un doute d'un glissement lié à des maladresse, celui-ci n'a pas été levé lors des deux réunions qui se sont tenues les 18 et 30 septembre. Pire, elles sont aujourd'hui confirmées par l'attitude mensongère adoptée par les deux animateurs de l'émission, avec l'aide d'une équipe des  Chroniques Syndicales. Faire une émission pirate pour se victimiser alors que l'on a diffusé de l'antisémitisme est une méthode connue et qui n'est pas rare. Mais cela atteint l'indécence quand on y ajoute la calomnie. 

 

La calomnie d'argent détournée à la radio par exemple. Cette affirmation est non seulement fausse, mais elle est injurieuse. Les comptes de Radio Libertaire sont certifiés comme ceux de toute association de cette ampleur par un cabinet comptable et vérifiés par un commissaire aux comptes de la Fédération Anarchiste. C'est donc une accusation qui est lancée non seulement contre le bureau de la radio, mais aussi contre l'ensemble de la Fédération Anarchiste. Ce n'est pas rien, mais cela démontre une fois de plus que pris les doigts dans le pot de confiture, les fautifs préfèrent la politique de la terre brûlée plutôt que de reconnaître leurs torts. Là aussi, une attitude typique des confusionnistes du moment. 

 

Il a aussi été affirmé que les animateurs et animatrices des deux émissions avaient été traités « d'enculés » sur les listes internes. Ces listes sont modérées par le bureau de la radio. Et personne n'aurait laissé passer une telle injure. On est là aussi dans la calomnie la plus crasse pour allumer un contre feu. C'est non seulement injurieux, mais c'est aussi nauséabond. 

 

Nous rappelons ici que les émissions ont par essence la confiance du bureau de la radio qui ne pratique la vérification qu'a posteriori de leurs contenus. C'est pour cela qu'une fois une émission acceptée elle peut déraper, et être questionnée ensuite. Mais nous n'aurions pas imaginé que des animateurs sur le départ ou exclus de la radio auraient pu utiliser cette bienveillance à des fins aussi dégueulasses. Utiliser l'accès à la radio pour venir salir tout le monde n'est pas anodin, mentir pour se protéger est malsain et calomnier n'est jamais fait en vain. 

Nous réaffirmons ici que les émissions ArtRacaille et Intifada ont été arrêtées pour des raisons purement politiques. Parce qu'elles ont diffusées toutes les deux via leurs espaces numériques des images à caractère antisémite. 

 

Nous réaffirmons ici qu'aux vues de l'ancienneté des émissions, elles ont d'abord été suspendues pour explications et avant toute prise de décision. Et qu'elles ont eu l'occasion par deux fois de s'expliquer.

 

Nous réaffirmons ici que c'est bien parce qu'aucune explication politique logique n'est sortie des deux réunions, mais aussi du fait de l'attitude belliciste adoptée par les animateurs des deux émissions que nous avons décidé de l'arrêt d'ArtRacaille et Intifada

 

Cette propension des diffuseurs de haine à vouloir passer pour des victimes est dans l'air du temps. Mais lorsque l'on rentre à Radio Libertaire, on le fait en acceptant les principes de base de la Fédération Anarchiste. Ce qui exclue clairement la haine envers une supposée race. 

 

L'antisémitisme n'aura jamais de place sur les ondes de la radio, ni sur les espaces numériques des émissions. Le bureau assume donc politiquement l'arrêt des deux émissions pour diffusion de propos antisémites. 

 

 

Le bureau de Radio Libertaire 

 

 En réponse au communiqué de Riposte laïque

 

Le communiqué de Riposte laïque daté  du 3 avril 2016 déclare que Radio libertaire refuse l'entrée de ses studios à des femmes voilées.

Ceci est faux.

Des femmes musulmanes voilées ou non ont déjà été invitées dans des émissions de Radio libertaire, non pas pour faire du prosélytisme mais parce que leur témoignage ou leur connaissance le requérait.

Riposte laïque a dérivé depuis longtemps vers des positions xénophobes. La radio et ses animateurs.trices n'ont plus de liens depuis bien des années et ce avant leur virage identitaire symbolisé par leur organisation de « l'apéro saucisson pinard » en juin 2009.    

Nous refusons et nous nous désolidarisons de toute forme de rapprochement quel qu’il soit avec Riposte laïque.

 

Le secrétariat de Radio libertaire, le 7 avril 2016

 


Communiqué de Radio libertaire

 

Depuis de très nombreuses années, l’émission « L’Antenne du social », consacrée au travail social et animée par des travailleurs sociaux est diffusée avec bonheur sur Radio libertaire le 3ème vendredi de chaque mois de 19h à 21h. L’émission du 18 mars dernier devait être consacrée à un sujet à l'actualité malheureusement brûlante : la prévention de la radicalisation religieuse ainsi qu’à la lutte contre les discriminations religieuses et racistes. Etaient invités des membres du Collectif contre l’islamophobie et les racismes de Paris 20ème, ainsi que deux travailleurs sociaux de polyvalence de secteur et un formateur en école de travail social afin qu’ils et elles viennent partager à l’antenne leur expérience, leurs constats ou encore débattre de leurs réflexion et de leurs positions sur ces deux thématiques.

 

Cette émission a été annulée au dernier moment. 

 

Certains se sont empressés d’attribuer la responsabilité de cette décision aux responsables de Radio libertaire, voire à la Radio toute entière. Ils se sont tout autant hâtés de dénoncer le caractère forcément discriminatoire de cette décision : «  Radio libertaire ne reçoit pas les femmes voilées », «  Radio libertaire a institué un dress code », «  les représentants de la radio restaient fermes… »...

 

Cette affirmation est totalement fausse mais aussi clairement diffamatoire. 

 

D’une part, des musulmanes voilées (ou non d’ailleurs) ont déjà été invitées dans des émissions de Radio libertaire, tout comme des hommes musulmans, des chrétien.e.s, des juifs et des juives et même un prêtre et un rabbin (liste non exhaustive), ceci non pas pour faire du prosélytisme - Radio libertaire est explicitement une radio athée militante - mais parce que leur témoignage ou leur connaissance de tel ou tel sujet le requérait. Ceci a été, est et continuera à être le cas.  

 

D’autre part, ce sont les équipes qui en ont la charge des émissions qui décident des thèmes qu’ils abordent ainsi que des individus et des collectifs qu’ils invitent. Les responsables de la Radio n'ont pas à donner d’accord préalable. Si il y a un problème, ce qui arrive rarement mais malheureusement parfois, il est géré a posteriori par les responsables de la Radio : sans procès d’intention, ni arbitraire et encore moins par le cyber-lynchage mais après avoir entendu les uns et les autres, pris connaissance des faits ainsi que dans le cadre des valeurs et des mandats sur lesquels se fonde Radio libertaire. L’émission du 18 mars ne déroge pas à cette règle. C’est l’équipe en charge de cette émission qui a choisi le thème de cette émission. C’est l’équipe en charge de cette émission qui a invité qui elle voulait. C’est l’équipe en charge de cette émission qui a décidé de l’annuler. Les responsables de la radio n’ont pas été informés, ni n’ont donné leur aval au montage de cette émission (choix du sujet et invitations). Ils ont encore moins pris la décision de l’annuler.  

 

C’est en fait un différent interne à l’équipe en charge de cette émission qui a conduit à son annulation, en l’occurrence un différent entre les deux techniciens et les deux animatrices; les deux techniciens n'étant ni des responsables, ni des représentants de la Radio mais des bénévoles tout comme les deux animatrices. Le thème de l’émission du 18 mars et celui des invités a été fait non pas par l’ensemble de l’équipe mais par les deux animatrices. Les deux techniciens ont découvert le sujet et les invités de l’émission juste avant sa diffusion. Après discussion avec les deux animatrices quant aux propos qui allaient être tenus à l’antenne, ils ont considéré nécessaire de demander au préalable l’avis des responsables de la Radio. En l’attente, ils ont refusé de participer à l’émission. Les deux animatrices ne connaissant pas le maniement technique de la radio, l’émission a donc dû être annulée. Les deux techniciens et les deux animatrices, ont enfin convenu de demander l’arbitrage des responsables de la Radio afin de déterminer si elle était définitivement supprimée ou simplement reportée. 

 

N’étant pas présent lors de cet échange entre les techniciens et les animatrices, étant aussi face des versions sensiblement différentes quant à la discussion qui a eu lieu entre eux (et sans témoin, les invités étaient plus loin), nous ne sommes pas en mesure de déterminer précisément ce qui s’est passé et pourquoi cela s’est passé ainsi. Au vu des éléments et des faits dont nous disposons, nous sommes cependant en mesure de d’affirmer clairement les points suivants:  

 

   Le choix des sujets des émissions, ainsi que des invitations sont du ressort des équipes qui ont la charge des émissions. Il appartient donc à l’équipe en charge de l’émission «  L’antenne du social»  de déterminer si elle souhaite reprogrammer l’émission prévue le 18 mars, avec les mêmes invitées ou non. Si les techniciens, qui sont des bénévoles eux-aussi et non des salariés, ou des représentants ou encore des responsables de la radio redisons-le, font à nouveau défaut, nous chercherons et nous trouverons une équipe technique de remplacement. Mieux encore nous apprendrons aux deux animatrices à manier l’aspect technique d’une émission de radio afin qu’elles soient désormais autonomes. C’est toujours un principe de confiance qui prévaut entre l’ensemble des bénévoles (techniciens et animateurs) qui font les émissions et les responsables de la Radio. Ce principe n’a en aucun cas à être remis en cause.  Si il y a un problème dans les propos tenus au cours de cette émission comme dans d’autres d'ailleurs, il sera géré comme d'habitude a posteriori sans procès d’intention, ni de manière arbitraire mais après avoir pris connaissance des faits ainsi que dans le cadre des valeurs et des mandats sur lesquels se fonde Radio libertaire.

   Radio libertaire réaffirme par ailleurs qu’en aucune manière des invité.e.s n’ont à être accepté.e.s ou refusé.e.s en fonction de leur (in)croyance ou de leur tenue vestimentaire. Ce serait là une discrimination parfaitement contraire aux valeurs promues par Radio libertaire. Les invité.e.s sont invitées parce que leur témoignage ou leur connaissance de tel ou tel sujet le requière. 

   Radio libertaire affirme tout aussi clairement, qu’elle n’est pas là pour permettre à des personnes ou des structures de faire la promotion de thèses qui vont frontalement à l’encontre de ses valeurs et de ses principes : antisémitisme, sexisme, racisme, électoralisme, interclassisme, homophobie, apologie de la dictature, etc. Elle n’est pas là non plus pour les crédibiliser/banaliser en les invitant. La seule exception est celle de l’organisation d'un débat contradictoire comme le mouvement anarchiste en a coutume depuis sa fondation. Mais en ce cas, il faut évidemment qu’il y ait à l’antenne des personnes capables de leur répondre. 

   Radio libertaire n’est pas dupe de l’instrumentalisation politicienne qui a été faite de cette annulation par quelques officines en mal de reconnaissance médiatique dans quelques obscures recoins d’internet où ils croient avoir une existence. La seule réponse à cette fange nauséabonde est le mépris.

   Nombre d’animateurs et d’animatrices de la radio ont vécu l’instrumentalisation de l’annulation de cette émission comme un véritable choc et insulte collective. Ce ne sont pas seulement quelques bénévoles qui travaillent sans relâche au sein de la radio, ni seulement ses responsables, mais bien l’ensemble de Radio libertaire qui a été explicitement visée. Sur ce point aussi, personne n’est dupe. 

 

Le secrétariat à la programmation de Radio libertaire,

des animatrices et animateurs de Radio libertaire